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La Vie

 

VHL Family Forum:1998
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Indice aux articles en français

 

 

Marie: Maintenant qu'est-ce qu'on fait?

 

Michael: Je ne sais pas, c'est une si grande décision.

 

Marie: Ma mère était si malade quand j'étais petite que d'autres gens ont dû s'occuper de moi. Je ne veux pas que celà arrive à mes enfants.

 

Michael: Nous devons voir les choses de façon positive.

 

Marie: Nous devons regarder les choses de façon réaliste. Avec plus d'une dizaine de tumeurs, dont une qui doit être enlevée d'ici quelques mois avec une bonne chance de paralysie d'une façon ou d'une autre, nous devons penser à ce qui pourrait se passer et se préparer au pire. Si le pire n'arrive pas on se considérera bien heureux. J'aurai toujours VHL et nous avons besoin d'y faire face, parce que ça va toujours être une partie de ma vie, à des degrés différents.

 

Michael: S'il y a un lien possible entre la croissance des tumeurs et la grossesse je ne veux absolument pas prendre le risque. Je ne veux pas que quelque chose t'arrive.

 

Marie: Tu va renonçer à jamais, d'avoir des enfants avec moi.

 

Michael: Je peux vivre sans enfants, mais pas sans toi.

 

Marie: Je me sens si coupable, même que je n'ai aucun contrôle sur la chose. Quand nous nous sommes rencontrés je t'avais dit que j'avais cet maladie VHL, mais je n'avais pas de symptomes et ne pensais jamais que cela en viendrait à ça. Je ne t'en voudrai pas si tu voulais qu'on se sépare; des enfants sont une grande partie de la vie.

 

Michael: Ne sois pas bête. Je t'ai epousée parce que je t'aime, pas parce que tu peux me donner des enfants. C'est mon choix aussi.

 

Marie: Je ne crois pas que je pourrais aller au bout, de conçevoir, sachant que je pourrai transmettre ça à mes enfants. Je crains que mon état pourrait s'empirer et j'ai déjà peur.

 

Michael: C'est un grand choix. Mais je peux vivre sans enfants mieux que je ne peux vivre avec le regret que quelque chose te soit arrivée. Je veux partager mes enfants avec toi et les avoir sans leur mère n'est pas ce que je veux. Je ne veux pas soumettre un enfant aux tests et opérations.  C'est assez difficile déjà de voir ce que tu dois supporter tous les six mois. Je sais combien c'était difficile pour toi avec ta mère aussi.

 

Marie: Je me sens si égoïste, comme si je te privais de quelque chose. Certaines personnes à qui j'ai parlé ont dit que nous regretterions de ne pas avoir eu des enfants et serons bien seuls dans notre viellesse.

 

Michael: Ça, c'est une mauvaise raison pour avoir des enfants de toute façon. La plupart des enfants déménagent et ont leur propres familles.

 

Marie: Ça, c'est vrai. Je ne connaîtrai jamais la sensation d' un enfant qui bouge en mon sein. C'est renonçer a une experience si unique et merveilleuse. Je vais devoir vivre sans jamais connaître cela.

 

Michael: Nous pourrions adopter.

 

Marie: Nous serions en train de mèner un enfant dans une famille où un parent a déjà des problèmes.

 

Michael: Et les tests génétiques dont tu m'a parlée?

 

Marie: Si je deviens enceinte, une abortion est hors de question, de toute façon.

 

Michael: Je suis plus qu'heureux de devenir un parent-hôte et un Oncle préferé. Nous gâterons nos nièces et neuveux tout simplement.

 

Marie: Quelqu'un m'a dit une fois qu'une vie sans enfants n'est pas une vie.

 

Michael: La vie sans ma femme n'est pas une vie.

 

Marie: J'éspère que nous faisons le bon choix.

 

Michael: Nous le faisons.

 

Alors trois ans et une opération majeure plus tard nous sommes toujour marriés heureux et allons devenir Tante et Oncle pour la première fois en '98. Nous avions fait le meilleur choix pour nous et je vis encore avec le choix de ne pas connaître l'experience de la grossesse et mon mari est toujours aussi sûr de son choix.

 

Il n'y a pas de choix correct ni incorrect, seulement le choix avec lequel nous pouvons vivre le mieux. Nous avons eu bien des conversations, certaines durait tout la nuit, avant d'atteindre cette décision, alors ne jugez pas les gens trop sévèrement. Ils font seulement le choix qui est le meilleur pour eux, et c'est leur choix apres tout. Je rencontre tous les jours des gens qui nous voient comme jeune couple sans enfants et parce qu'ils ne connaissent pas nos raisons me disent que je regretterai de ne pas avoir eu des enfants. Mais je leur pardonne leur ignorance et vis avec ma décision, sachant que c'était la meilleure pour moi.

 

traduction par Elaine F. - publié dans le VHLFF, mars 1998.  Tous droits réservés.