Radio chirurgie Stéréotactique ou scalpel gamma
En
avril 2005, VHL Family Alliance a ouvert une enquête sur les porteurs
de VHL qui ont eu une Radio Chirurgie Stéréotactique (RCS).
RCS est le nom générique d'une opération qui est parfois
appelée par le nom de l'instrument «Scalpel Gamma» ou
Cyberscalpel».
Cinquante-sept personnes
ont répondu à notre enquête et mis en commun leur expérience.
46 (81%) de ceux qui ont répondu avait un total de 63 projets de
traitement avec RCS. 11 (19%) l'avaient envisagé mais avaient choisi
de ne pas le faire.
Comment avez vous eu connaissance la première fois de
la RCS ?
35 personnes (61%) disent que l'option leur a été présentée
par leur neurochirurgien. 5 autres personnes l'ont appris par VHL FA.
Quelles caractéristiques promises vous ont attiré
vers cette procédure ?
On pouvait cocher plus d'une réponse si bien que le total est supérieur
à 100%. 46 (81%) voulaient éviter une chirurgie ouverte
du cerveau et 35 (61%) voulaient éviter les complications d'une
chirurgie avec ouverture. Presque un tiers étaient attirés
par l'argument que c'était facile («comme une visite chez
le dentiste») et que vous pouviez reprendre immédiatement
le travail. A cinq reprises, il a été dit au patient que
c'était la seule solution parce que la tumeur ne pouvait pas être
atteinte par une chirurgie avec ouverture.
Quelle recherche avez vous faite ?
On pouvait cocher plusieurs réponses. 47(82%) ont parlé
avec un neurochirurgien, 28 (49%) ont parlé avec un cancérologue
radiothérapeute, 23 (40%) ont lu le manuel VHL et 11 (19%) ont
pris un second avis pour confirmer le projet. Seuls 10 (18%) ont parlé
avec un autre porteur de VHL qui avait subi l'opération.
Qu'est ce qui vous a le plus aidé à prendre la
décision ?
24 (57%) citent la confiance dans leur neurochirurgien. 17 (40%) disent
qu'ils ne voulaient pas une opération et ressentaient qu'il n'y
avait pas d'amélioration apparente. 5 ont considéré
que c'était leur seul choix possible.
Parmi les 11 personnes (19% de ceux qui ont répondu) qui ont
choisi de ne pas avoir recours à la RCS, un est encore en train
de réfléchir. Les dix autres ont fait une recherche réfléchie
avec leurs équipes chirurgicales et ont conclu qu'une opération
ouverte serait une meilleure alternative dans leur cas particulier. Leurs
opérations ouvertes ont été un succès.
La moitié des interventions ont été réalisés
avant 2002. 16 personnes sur les 46 (35%) ont eu une seule intervention
prévue, réalisée en une seule fois, 7 ont eu 2 opérations,
8 ont eu 3 opérations et 12 ont eu 4 opérations et plus
pour un total de 54 interventions relatées.
Parmi ces 54 traitements, dans 24 cas (52%) l'intervention a été
faite en une fois. Dans 2 cas, le traitement s'est réalisé
en 3 séances et dans 7 cas (12%) il a fallu quatre séances
ou plus. 26 (46%) ont été réalisés avec l'appareil
Scalpel Gamma, 13 (23%) avec l'accélérateur linéaire.
Deux traitement au Cyberscalpel sont relatés : un au faisceau de
proton, un par thérapie par radiation à intensité
modulée et les 13 restants (23%) ne savaient pas quelle machine
avait été utilisée.
21 traitements (37%) sont intervenus avant l'année 2000 ; 12 (26%)
entre 2001 et 2002 et 21 (37%) depuis 2003. On peut voir une augmentation
dans la fréquence d'utilisation de la RCS. Ce changement est vraisemblablement
dû au plus grand nombre de fabricants d'appareils et d'instruments.
Avant 2000, tous les traitements étaient réalisé
par Scalpel Gamma ou par machines Lineac.
Nous avons demandé aux gens comment ils se sentaient avant et
après l'opération et tout au long de l'année qui
a suivi. Presque tous se sont plaints de l'attache de la carcasse ou du
casque au crâne et souhaitaient qu'il y ait un moyen de l'éviter.
Plusieurs machines plus récentes ne nécessitent pas une
carcasse. Carcasse ou pas, il y avait habituellement de l'inconfort le
jour après l'opération. Parmi les 54 traitements décrits
, 27 (50%) des patients se sont sentis plutôt comme avant tout au
long de l'année qui a suivi le traitement. Presque tous ont ont
été traités avec des médicaments contre l'oedème
et/ou la douleur, médicaments qu'ils étaient capables de
prendre seuls.
Six personnes (11%) ont dit qu'elles se sont senties très mal
pendant les 3 mois qui ont suivi l'opération. La tumeur grossissait
ou l'oedème était difficile à contrôler. Deux
parmi elles, ont eu besoin d'une opération ouverte. Quatre sont
allées progressivement mieux après les trois premiers mois,
sans autre intervention.
Neuf (17%) n'ont par ressenti d'amélioration pendant les 6 premiers
mois qui ont suivi l'opération. Parmi elles, 5 ont nécessité
un enlèvement chirurgical de la tumeur. Un femme est morte de complications
et d'oedème non contrôlé. Une personne s'est plainte
de problèmes de mémoire pendant deux ans après l'opération
mais dit que cela s'est normalisé après deux ans. Trois
ont commencé à s'améliorer après la barre
des 6 mois, mais cela a été difficile pendant18 mois.
Le traitement a t il été un succès ?
Dans seulement 20 cas (37%) la/les tumeur(s) ont diminué. Trois
(6%) ont grossi. Six (11%) ont nécessité une opération
chirurgicale et dans sept cas, c'est un peu tôt pour le dire, mais
les gens vont bien.
Dans 17 cas (31%) la tumeur est restée à la même
taille. Même s'il est bon que les tumeurs ne grossissent pas nous
n'avons pas suffisamment de renseignements sur le long terme pour savoir
si ces tumeurs ont été mise hors d'état de nuire
de façon définitive ou s'il s'agit d'une simple période
de rémission.
Recommanderiez vous ce traitement aux autres ?
Les réponses sont en ligne avec les résultats : 68% (avec
de bons résultats) ont dit oui et 19% ont dit non.
J'ai d'abord parcouru les données résumées puis
je suis revenu en arrière et j'ai lu les questionnaires d'enquête
de chaque personne pour avoir une image claire de leur expérience.
Comme je lisais, j'ai commencé à réaliser que je
pouvais assez bien prédire le résultat au vu du nombre de
recherche que la personne avait faite. Si quelqu'un disait avoir lu tout
ce qui était disponible sur l'internet, parlé avec un neurochirurgien
et un cancérologue radiothérapeute et une ou plusieurs personnes
qui avait eu l'opération et qui avait fait une évaluation
réfléchie de la situation avec cette large équipe
médicale, alors vous pouviez être assez assuré qu'il
y allait y avoir un bon résultat avec ou sans RCS.
Mais si quelqu'un disait avoir écouté l'opinion d'un seul
médecin et y avoir fait foi sans autre évaluation, vous
pouviez sentir le danger à venir. Ceci était spécialement
vrai si la RCS était d'abord suggérée par un neurochirurgien
de confiance. Il est possible que ce neurochirurgien n'ait pas examiné
soigneusement tous les éléments mais simplement voulu vous
faire savoir qu'il y avait des possibilités autres que la chirurgie.
Un des répondants dit «J'ai suivi la recommandation sans
faire mon travail personnel. Si j'avais à le refaire, je lirais
plus sur la procédure avant de m'embarquer».
A cause des témoignages de mauvais résultats, nous nous
sommes demandés si nous ferions une recommandation négative
pour la RCS. Mais en toute franchise, alors qu'il y a quelques mauvais
résultats, il y a aussi beaucoup de bons résultats. Comme
toujours avec les nouvelles technologies, elles ont leurs formidables
succès et leurs limites. Nous devons comprendre où sont
les limites afin de les utiliser ces nouveaux outils au meilleur de leurs
possibilités. Cela peut être un moyen très valable.
Cela peut être la vraie bonne chose à faire ou pas. Il n'y
a pas de formule simple, chaque cas doit être considéré
en soi.
Nous avons vu des bons et des mauvais résultats pour chacun des
outils. L'outil n'est pas le facteur critique ; le plan de traitement
et l'expérience de l'opérateur sont beaucoup plus importants.
Soyez assuré que quelque part sur le planning, vous augmentez l'expérience
du médecin qui a traité des hémangioblastomes et
qui compend comment ces tumeurs répondent. Le médecin le
plus expérimenté examine et qualifie soigneusement les tumeurs
pour éviter les problèmes.
Nous sommes heureux de voir que les résultats de l'enquête
confirment l'information contenue dans le manuel du VHL. Si vous n'avez
pas encore lu les articles de la newsletter qui décrivent les expériences
des patients avec la RCS faites en une part importante de votre recherche. http://vhl.org/stereo.
Souvenez vous que 68% ont eu de bons résultats, 19% non. Dix autres
personnes ont eu de bons résultats avec une chirurgie ouverte,
ce qui est aussi un succès. Assurez vous de réussir et aidez
nous à réduire les 19%.
Les leçons de cette enquête sont bien résumées
par ceux qui ont répondu :
1. Faite votre travail personnel de recherche. Les personnes qui ont
obtenu de bons résultats témoignent d'avoir parlé
avec et un neurochirurgien et un spécialiste de radiothérapie,
avoir lu le manuel et avoir lu les commentaires d'autres porteurs de VHL
qui ont eu l'opération.
2. Les tumeurs doivent être de petite taille. Le tumeurs plus
importantes ou celles qui sont associées à un kyste ont
plutot mal répondu au traitement. «Je pense maintenant, que
c'était une erreur de traiter cinq tumeurs cérébrales
en un seul jour, spécialement alors que deux d'entre elles étaient
grosses».
3. Reposez vous pendant des mois après l'opération. C'est
réellement une chirurgie. Donnez à votre corps beaucoup
de temps pour guérir. «Je me sentais tellement bien que j'ai
pris un bain dans la neige. Après quelques bonds j'ai un léger
mal de tête, je me suis évanoui et j'ai été
amené à l'hopital par hélicoptère. Le lendemain,
je suis rentré à la maison. Mon médecin m'a dit qu'après
une opération on était supposé se reposer. Je ne
l'avais pas ressenti comme une opération chirurgicale».
4. Surveillez l'oedème : Il a été dit à
un patient que «l'oedème survenait rarement». Quatre
porteurs de VHL ce n'est pas rarement, c'est une expérience très
commune. Vous et votre médecin devez savoir avant le traitement,
comment vous allez traiter l'oedème qui se produira après
l'opération. Votre équipe doit calculer jusqu'où
un tumeur d'une telle taille peut gonfler, comment contrôler le
gonflement et prévenir le problème.
5. Il s'agit d'une opération pas d'une «cure». «J'ai
cru comprendre que cette opération préviendrait de futurs
hémangioblastomes, j'ai donc arrêté de prendre de
faire des IRM. Ma tumeur a recommencé à pousser et il a
falliu l'enlever chirurgicalement».
6. En résumé. Comme le dit une des personnes qui a répondu
«Faites votre recherche. La RCS ne marchera pas avec toutes les
tumeurs. La tumeur ne doit pas être trop grosse ou avoir un kyste.
Si cela marche, c'est une vraie bénédiction».
Traduit par Jean Joseph Crampe du bulletin VHL Family
Forum 13:2, August/September 2005. Pour demander la permission de
copier, addressez-vous à editor@vhl.org. Index de ce numéro
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