Lorsque des capillaires forment des angiomes de la rétine, appelés
techniquement hémangioblastomes, ils commencent très petits
et sont difficiles à voir. Les capillaires eux-mêmes sont
de l’épaisseur d’un globule rouge, l’une des
cellules qui composent le sang.
Au début, les angiomes commencent souvent autour de l’équateur
ou périphérie de la rétine, loin du point central
de vision. A l’inverse de l’équateur qui ceinture le
globe terrestre, l’équateur de l’œil est vertical.
Étant debout, tracez un cercle autour de l’œil en partant
des sourcils vers le nez. Le cercle que vous venez de tracer est l’équateur.
Pour voir cette région, l’ophtalmologiste
(ou optometriste) a besoin de
dilater votre œil, d’utiliser des loupes à fort pouvoir
grossissant, et de voir sous des angles adjacents. Ce n’est pas
un examen ophtalmique ordinaire (voir Figure 4). S’il y a du VHL
dans votre famille, parlez-en à votre ophtalmologiste pour qu’il
puisse faire cet examen complet et rechercher de petits angiomes afin
de les traiter aux premiers stades. Il faudra vous orienter vers un spécialiste
de la rétine pour le traitement de ces tumeurs.
|
Figure 4: Ophtalmologiste explorant l’équateur
de l’œil. Illustration par Vincent Giovannuci,
D.O. |
Tous les ophtalmologistes et optometristes ne connaissent
pas bien cette maladie rare. Il faut chercher un spécialiste
connaissant le VHL et qualifié pour mener un examen avec dilatation
du fond de l’œil et de la périphérie par ophtalmoscopie
indirecte.
L’objectif du traitement est de maintenir les angiomes
à une taille si petite qu’ils ne gênent pas la vision.
Les traitements incluent généralement le
laser (chirurgie légère) ou la cryothérapie (par congélation). De petites brochures sur ces traitements sont
rédigées par l’Académie Américaine
d’Ophtalmologie, et sont souvent disponibles chez votre ophtalmologue.
Dans les deux cas, on tente d’empêcher les angiomes de grossir.
Soixante pour cent (60%) des personnes avec le VHL ont
des lésions de la rétine. Des patients agés de
3 ans et parfois encore plus jeune peuvent être affectés,
rendant le dépistage très important. Les enfants qui ont
obtenu un diagnostic positif pour le VHL devraient être suivis
à partir de l’age de 1 an.
De nouveaux angiomes peuvent faire leur apparition à
tout moment. Ceci justifie pourquoi un examen régulier des yeux
est important.
Les lésions sur ou près du nerf optique
sont très difficiles à traiter efficacement. Veuillez
contacter L’Alliance pour obtenir les dernières recommandations.
Heureusement, les tumeurs tendent à croître lentement.
Habituellement, les petites lésions sont plus faciles
à traiter avec moins de complications que celles qui sont plus
grosses. Une fuite ou une hémorragie d’un angiome peut
causer de sérieux dommages à la vision ou un détachement
de la rétine, donc un traitement précoce et un suivi méticuleux
sont très importants.
VHL dans le cerveau et la moelle
Les angiomes du cerveau et de la moelle sont appelés hémangioblastomes.
Un kyste de la moelle est appelé syrinx.
Lorsque se produisent des hémangioblastomes, ils ne sont en général
pas traités avant l’apparition de symptômes à
moins qu’ils ne grossissent rapidement. Grâce à des
visites régulières chez un neurologue,
selon le plan recommandé par votre équipe médicale,
on peut détecter des signes précoces qui peuvent être
confirmés au moyen de CT ou d’IRM. Les signes ou symptômes
précoces sont douleurs du dos, maux de tête, engourdissement,
vertiges, faiblesse ou douleur dans les bras et jambes.
Il faut y penser comme à une sorte de verrue interne.
Ce n’est pas un problème à moins qu’elle vous
gêne. Dans ces endroits délicats où il y a peu de
place, le problème n’est pas tant d’avoir cette verrue
que la pression qu’elle exerce sur le cerveau ou sur les tissus
nerveux de la colonne vertébrale. C’est cette pression,
ou obstruction, de l’écoulement normal du liquide rachidien
qui cause les symptômes. En même temps, il y a quelque risque
associé à la chirurgie qui ôte les lésions
du cerveau ou de la moelle, de sorte qu’il faut bien réfléchir
aux avantages et aux risques. On recommande généralement
la chirurgie après l’apparition des symptômes, mais
avant qu’ils ne deviennent trop sévères.
De nouveaux traitements sont à l’essai. Parfois,
on peut suggérer un traitement minimal peu invasif à un
stade précoce pour retarder la croissance de la tumeur et empêcher
la formation d’un kyste. L’objectif, comme pour l’œil,
est de garder la lésion si
petite qu’elle ne devient pas un problème. La radio chirurgie
stéréostaxique, encore appelée chirurgie au scalpel
gamma, est une sorte de traitement qui n’implique pas d’incision.
Les médecins concentrent des rayons selon parfois 201 angles
différents si bien qu’une dose très forte est appliquée
sur une zone interne très localisée où se concentrent
les rayons. Plusieurs centres médicaux utilisent cette radio-
chirurgie pour inhiber la croissance de tumeurs cérébelleuses
VHL. Vous pouvez discuter de cette option avec votre équipe médicale.
Elle ne conviendra pas dans tous les cas. L’approche de tout hémangioblastome
du cerveau ou de la moelle doit faire l’objet de discussions approfondies
avec un neurochirurgien connaissant
le VHL. (Voir la prochaine section, Envisager la radio chirurgie stéréotaxique).
Aucune approche n’est la bonne. Elle dépend
de la tumeur spécifique, de sa situation et de sa taille, et
des risques associés à chaque traitement. Il est important
pour vous de bien comprendre les options et de travailler avec l’équipe
médicale pour faire le bon choix. N’ayez surtout pas peur
de demander plusieurs avis. Les hémangioblastomes sont des tumeurs
très rares et peu de chirurgiens en ont une grande expérience.
Il est utile pour vous et pour votre neurochirurgien d’avoir plusieurs
avis sur la meilleure approche à votre problème.
Envisager la Radio Chirurgie Stéréotaxique
La radio chirurgie stéréostatique (RCS)est
une technique chirurgicale non invasive similaire à la chirurgie
au laser qui utilise des rayons de radiation au lieu de la lumière.
Les machines comme le Scalpel Gamma, le Cyberscalpel ou l’Accélérateur
Linéaire sont utilisées pour effectuer la RCS. Cette technique
peut être utile dans plusieurs cas, spécialement au cerveau.
Elle devrait tout de même être considérée
comme expérimentale sur les autres tissus. Il est très
important de l’approcher comme toute autre procédure chirurgicale
– avec beaucoup de respect, prudence et même scepticisme.
Il est préférable d’avoir une conversation franche
avant, plutôt qu’après le traitement.
La grosseur des tumeurs pour la RCS doit être en
deçà de 2 cm. Les tumeurs ne doivent pas être liées
à un kyste, et ne doivent pas causer de symptômes. Cela
peut prendre jusqu’à deux ans pour noter les bénéfices
d’un traitement RCS, et entre-temps la masse totale de la tumeur
va augmenter avant de commencer à réduire. Les patients
qui ont des symptômes ou des kystes on habituellement besoin d’une
opération chirurgicale standard.
Parce que la RCS fonctionne mieux sur les petites tumeurs,
il est possible que celles qui ont été choisies pour le
traitement n’auraient peut-être jamais grossi. La majorité
des docteurs préfèrent attendre que la tumeur montre des
signes d’expansion tout en ne développant pas de kyste
avant de considérer le traitement.
Nous apprécions votre opinion sur les questions
qui suivent pour que nous puissions les améliorer pour les futurs
malades. Nous ne voulons pas vous alarmer, mais nous voulons nous assurer
que vous et votre médecin étudient ensemble toutes les
possibilités avant d’envisager le traitement.
(1) Obtenez toujours au moins deux avis/opinions.
Nous vous conseillons vivement de consulter un médecin qui soit
expert en micro-neurochirurgie conventionnelle ET en radio chirurgie
stéréotaxique. Il n'est pas suffisant de parler uniquement
avec un radio-oncologiste ou un chirurgien pratiquant seulement le Scalpel
Gamma. Si vous ne trouvez personne qui soit familier avec les deux techniques,
soyez certain de parler avec quelqu’un d’expert dans l'autre
méthode pour obtenir les deux points de vue. Dans beaucoup de
cas, il est plus sécuritaire d'aborder une tumeur par la chirurgie
conventionnelle. Vous la retirez une fois pour tout et les tissus peuvent
être examinés au microscope, de plus la durée de
la convalescence est plus facile à déterminer. De toute
évidence, la chirurgie conventionnelle a ses propres risques
et inconvénients. Vous avez donc besoin d'une équipe médicale
professionnelle pour vous aider à évaluer le pour et le
contre de chaque procédure et décider quelle option est
préférable dans cette situation particulière et
à ce moment donné.
(2) Quelle est la taille de la tumeur? Il est recommandé de ne pas traiter d'hémangioblastome
plus grand que 2 cm. La dimension n'est pas la seule raison, mais c'est
une donnée très importante. Comme le Dr Nauta le décrit,
tout dépend de la possibilité de pouvoir concentrer les
rayons de radiation. C’est comme essayer de brûler un petit
trou en utilisant les rayons du soleil à travers une loupe. Pour
percer un grand trou, il faut couvrir une plus grande surface mais le
faisceau ayant une concentration plus faible, il faut utiliser plus
de radiation pour être efficace. La tumeur absorbe alors plus
d'énergie et elle enfle davantage après le traitement.
(3) Où est la tumeur? Une fois
traitée, il y aura enflement (oedème) de la tumeur et
des tissus environnants. Ceci signifie que la tumeur traitée
grossira avant de rapetisser, et étant dépendante de l'espace
disponible pour l’expansion, vos symptômes peuvent s'empirer
avant de s'améliorer. Où se trouve la tumeur ? Quand enfle-t-elle?
Quels symptômes peuvent apparaître? Comment le médecin
se propose-t-il de contrôler l'enflement? Comment pouvez-vous
travailler en collaboration avec votre équipe médicale
pour contrôler l’enflement et traverser cette période?
Il faut préciser que cette durée d'enflement ne se mesure
pas en jours mais plutôt en mois. Demandez à votre médecin
combien de temps pense-t-il que cette situation se prolongera.
(4) Quels sont les risques pour les tissus environnants? Il y a habituellement une marge de tissu sain qui sera irradiée
avec un dosage thérapeutique. Quel tissu se trouvera dans cette
marge? Quels dégâts pourraient se produire? Si la tumeur
est dans un endroit entouré de liquide, alors il y a une "marge
d'erreur", mais si c'est dans un endroit critique, les effets au
tissu sain peuvent être considérables.
(5) Combien de tumeurs se proposent-ils de traiter? Quelle est la quantité de radiation à laquelle vous seriez
soumis? Si plus d'une tumeur doit être traitée, est-il
sage de les traiter toutes en même temps? Est-ce que l’enflement
combiné de plusieurs tumeurs peut causer une situation dangereuse?
Est-il mieux de les traiter une par une? Fractionner le traitement peut
être crucial pour contrôler l'enflure post-traitement.
(6) Quel médicament(s) le médecin
propose-t-il d'utiliser pour gérer la période post-traitement? Avez-vous déjà pris ce médicament auparavant?
Peuvent-ils vous tester pour la sensibilité au médicament
avant le traitement, pour s'assurer que vous n'aurez pas une réaction
nocive? Les plus graves problèmes que nous avons vu suite à
la radiation stéréotaxique impliquaient la sensibilité
au médicament.
(7) Quelle est l’expérience de cette
équipe dans le traitement des hémangioblastomes, comparé
à d'autres tumeurs solides? Les hémangioblastomes
réagissent différemment au traitement par radiation. Il
est important de consulter quelqu'un avec de l'expérience dans
le traitement des hémangioblastomes pour examiner le meilleur
traitement avant de commencer. Si vous ne pouvez pas trouver quelqu'un
dans votre région, nous pouvons vous suggérer quelques
sources pour obtenir une deuxième opinion. Ceci devrait être
bien accueilli par votre équipe, puisque c'est pour leur protection
aussi bien que pour la vôtre.
Modifications de l’audition
et le VHL
Le protocole de dépistage recommande de procéder
à un examen d’audiométrie complet pour déterminer
la nature et l’étendue de toute perte d’audition.
Vous devriez avoir une étude “de base” pour documenter
l’état de votre ouie, et ensuite vous pouvez vérifier
régulièrement qu’il n’y a pas de changement.
Si vous éprouvez des modifications de l’audition,
ou tout autre problème à l’oreille interne, vous
devriez faire un suivi avec un neuro-ORL. En outre, une étude
IRM ou CT du canal auditif interne peut servir à déceler
une tumeur rare du sac endolymphatique (TSEL) qui se produit dans 15%
des personnes affectées par le VHL.
La tumeur TSEL se forme dans le sac endolymphatique ou dans l’os temporal situé derrière l’oreille.
Le conduit endolymphatique va de l’oreille interne jusqu’à
la surface postérieure du rocher et se termine sous la dure-mère
à la limite du cerveau. (voir Figure 5.) Cette structure minuscule
est remplie de fluide (appelé endolymphe) et possède un
système délicat de régularisation de pression qui
est responsable du sens d’aplomb et de l’équilibre.
La maladie de Menière est un autre état qui est causé
par une perturbation dans cette région, et les TSEL sont souvent
diagnostiquées à tort comme étant cette maladie.
 |
Figure 5. L’oreille
interne, montrant le sac endolymphatique (SEL).
Le conduit endolymphatique chemine de l'oreille interne jusqu’à
la surface arrière de l'os pétreux et termine sous
la dura à la limite du cerveau comme une expansion aplatie,
le sac endolymphatique.
Dans l'encart, vous pouvez voir que le SEL est placé contre
la dura, la membrane fibreuse qui couvre le cerveau. La structure
osseuse est l'os pétreux.
L'accumulation de fluides (appelée les
hydrops) peut expliquer des symptômes similaires à
ceux de la Menière (perte d'audition, acouphène,
et vertigo) dans les patients avec une TSEL. Hydrops peut résulter
du colmatage de la réabsorption de l'endolymphe dans le
sac endolymphatique, de l'inflammation en réponse à
une hémorragie, ou de la production excessive de fluide
par la tumeur. La production de fluide est également typique
dans d'autres tumeurs VHL.
Illustration courtoisie du Dr. Lonser, INS É.U. Tel
que publié dans le
Forum Familial VHL, 12:2, Septembre 2004. |
Des personnes indiquent des modifications allant de changements
subtils dans la ‘texture’ de l’audition à de
sévères pertes d’audition. D’autres symptômes
peuvent inclure une perte de l’ouie, le vertige, un bourdonnement
dans les oreilles, ou une faiblesse ou relâchement dans le nerf
qui parcoure les joues du visage. La perte de l’audition peut
arriver graduellement dans une période de 3-6 mois ou plus longtemps,
et dans certains cas arriver soudainement.
Une fois l’audition perdue, elle est très
difficile à reprendre. Ici encore, il est important de surveiller
les premiers symptômes et d’aborder le problème avec
soin pour préserver l’audition. S’il y a une perte
de l’ouie, une action rapide est nécessaire pour espérer
la retrouver.
Une fois le TSEL visible sur un IRM, la chirurgie devrait
être envisagée. Le retrait chirurgical prudent du TSEL
va empêcher le développement d’autres problèmes,
et peut s’effectuer sans endommager l’ouie ou l’équilibre.
Cette microchirurgie délicate nécessite un travail d’équipe
entre un neurochirurgien et un neuro-ORL dans un bureau qui fait beaucoup
de chirurgie de l’oreille interne. Veuillez contacter L’Alliance
Familiale VHL qui vous aidera à trouver un chirurgien familier
avec ce problème.
VHL et les Capacités Reproductrices
Les personnes atteintes du VHL devraient suivre des précautions
contre le cancer. Les auto examens sont recommandés à
tous. Le simple fait d’avoir le VHL ne vous exempte pas d’autres
conditions que l’on retrouve dans la population en général.
Suivez les conseils usuels pour l’autopalpation des seins et des
testicules et prenez grand soin de votre santé reproductrice.
Il existe un cas particulier où le VHL est associé
à l’homme : des adénomes de l’épididyme
peuvent se produire chez presque 50 % des hommes dans certaines familles
VHL. De même, les femmes peuvent avoir des adénomes du ligament large près des trompes
de Fallope, la contrepartie embryologique de l’épididyme. Tous
deux sont presque toujours sans danger, quoique parfois douloureux.
Chez l’Homme
L’épididyme est un petit conduit enroulé
qui se trouve derrière le testicule, dans le scrotum, sur le
chemin du canal déférent, le vaisseau qui conduit le sperme
du testicule à la prostate. L’épididyme est aussi
long que le testicule, à plat en forme de C sur un côté
du testicule. C’est un système tubulaire complexe qui rassemble
le sperme et le garde jusqu’à l’utilisation. C’est
un peu comme le serpentin à l’arrière d’un
climatiseur où se produit la condensation (voir Fig. 6). Après
avoir été entreposé dans l’épididyme,
le sperme passe vers la prostate par le canal déférent,
où il est mélangé au liquide séminal des
vésicules séminales et passe de la prostate à l’urètre
pendant l’éjaculation.
On trouve un petit nombre de kystes dans l’épididyme
d’un quart des hommes dans la population générale.
En eux-mêmes, les kystes ne sont pas une raison de s’inquiéter
et ne sont même pas notables. Cependant un type de kyste est important
dans le VHL. Un adénome est une tumeur bénigne avec ou
un plusieurs kystes à l’intérieur, de densité plus forte qu’un simple kyste. Les adénomes papillaires de l’épididyme ne se trouvent que très rarement
dans la population générale. Ces kystes peuvent se trouver
sur un ou sur les deux testicules. Quand on les trouve de façon
bilatérale, ils signifient presque toujours un diagnostic certain
de VHL. Ils varient en taille de 1 à 5 centimètres (0,3
à 1,7 pouces). L’homme peut sentir un ‘caillou’
dans le scrotum, mais ce n’est généralement pas
douloureux et ils ne grossissent pas.

Figure 6: Epididyme.
Du côté gauche, une section transversale
du testicule et de l'épididyme. Du côté droit,
le système des tubules du testicule et de l'épididyme
(voir l'indicateur) Illustration par Gerhard Spitzer, d’après
Rauber-Kopsch, de Kahle et al, Atlas Couleur, 2:261. |
Ils peuvent survenir pendant l’adolescence ou plus
tard dans la vie. Il n’est pas inhabituel de les voir pour la
première fois vers l’âge de quarante ans. On peut
les opérer s’ils sont gênants, mais les enlever est
presque la même opération que la vasectomie et peut amener
une incapacité à émettre le sperme du côté
opéré.
Ils ne gênent pas la fonction sexuelle. Dans la
plupart des cas, le seul ‘problème’ associé
à l’adénome est l’ennui mineur de savoir qu’il
existe. Parfois, selon leur emplacement, les adénomes peuvent
obstruer le passage du sperme et causer l’infertilité.
C’est cependant un cas très rare. Si un adénome
est douloureux, il faut absolument consulter un médecin puisqu’en
de rares occasions ils peuvent s’enflammer et éclater.
La meilleure façon de suivre leur évolution
est de faire un auto-examen testiculaire (AET) mensuellement, tel que
recommandé pour la prévention du cancer. Le cancer des
testicules n’est pas lié au VHL, mais c’est un risque
pour tous les hommes dans la population en général. Un
AET vous aide à devenir familier avec la grosseur et la forme
d’un adénome de l’épididyme et s’assurer
qu’il n’existe pas de bosse ou masse inhabituelle sur les
testicules.
-
Vérifiez-vous après une douche chaude.
La peau du scrotum est alors relaxée et douce.
-
Familiarisez-vous avec la grosseur normale, la forme et le poids
de vos testicules.
-
Utilisez les deux mains et roulez chaque testicule entre vos
doigts.
-
Identifiez l’épididyme. C’est une structure
en forme de cordon sur le dessus et le dos de chaque testicule. Cette
structure n’est PAS une bosse anormale, mais l’adénome
de l’épididyme peut se manifester à cet endroit.
Il faut noter leur grosseur et leur forme et conserver un dossier pour
comparaison future.
-
Soyez vigilants pour de petites bosses sous la peau, à
l’avant et sur le coté de chaque testicule. Une bosse peut
ressembler à un morceau de riz cru ou un petit pois.
-
Avisez votre équipe médicale dans tout cas d’enflure.
Si vous avez des bosses ou des renflements, cela ne signifie pas nécessairement
que vous avez le cancer des testicules, mais vous devez les faire vérifier
par votre médecin.
Chez la Femme
Une tumeur similaire qui peut se produire chez la femme
est l’Adénome Papillaire du ligament large près
de la trompe de Fallope. Un adénome est une tumeur bénigne
avec un ou plusieurs kystes à l’intérieur, de densité
plus forte qu’un simple kyste. Un adénome papillaire
du ligament large arrive rarement dans la population générale
Le ligament large est un tissu plissé qui enveloppe
l’utérus, les trompes de Fallope et les ovaires (Voir Figure
7). Les cellules dans cette région ont la même origine
dans le développement de l’embryon que l’épididyme
chez l’homme.

Figure 7 Ligament large. Le ligament
large est un grand morceau de tissu qui se trouve sur les organes
reproducteurs chez la femme. Le ligament large ressemble à
du matériel de rideau, se situant dans les plis et les
replis sur le dessus des ovaires et des tubes utérins,
reliant ces structures à l'utérus. Certains des
cystadenomes qui se produisent dans le VHL seront trouvés
attachés au tissu annexiel (adjacent) qui ne fait pas partie
du ligament large, parfois au-dessous d'eux. Ceux-ci s'appellent
cystadénome papillaire annexiel d'origine probable du conduit
mésonéphrique (CPAM). Illustration par Frank James. |
Tous les changements de votre corps peuvent masquer des
signes de tumeurs, aussi est-il important de savoir ce qui se passe
avant que ces changements se produisent.
Les kystes dans cette région sont très communs
dans la population générale. Cependant, si un kyste ou
une tumeur apparaît dans la région du ligament large ou
dans trompes de Fallope, un adénome associé au VHL devrait
être considéré. Demandez à votre médecin
de faire un diagnostic différentiel prudent, afin d’éviter
un sur-traitement de tumeurs bénignes.
Veuillez signaler les tumeurs au ligament large ou dans
trompes de Fallope à L’Alliance Familiale VHL pour les
ajouter à notre base de données et améliorer nos
connaissances. En attendant d’en savoir plus sur cette tumeur
liée au VHL, les pathologistes peuvent les appeler par d’autres
noms comme ”tumeurs papillaires avec un faible potentiel malin”
La Grossesse et le VHL
Les femmes avec VHL devraient prendre des précautions
supplémentaires en cas de grossesse. Les recherches semblent
indiquer que la grossesse ne provoque pas la croissance accélérée
de tumeurs, mais elle ne bloque pas la croissance de celles-ci non plus.
Tous les changements de votre corps peuvent masquer ces symptômes
et signes des tumeurs, il est donc important de savoir ce qui se passe
avant le début des changements.
-
Votre volume sanguin va doubler durant la
grossesse. Si vous avez un hémangioblastome au cervelet,
dans la colonne ou à la rétine, ce flux supplémentaire
pourrait élargir la tumeur pour au moins la durée de
la grossesse. Quelques femmes ont remarqué une aggravation
des symptômes durant cette période, suivi d’une
baisse après la naissance. Dans certains cas, l’évolution
des symptômes qui était léger ou non-existant
s’est élevé à des niveaux critiques.
-
Le poids du fœtus va surtaxer la colonne
vertébrale. Dépendamment des tumeurs déjà
présentes sur la colonne, ce stress supplémentaire peut
causer une détérioration des symptômes.
-
Les fluides supplémentaires vont ajouter
une pression sur vos reins. Vous devez vous assurer que votre
fonction rénale est normale pour que vos reins puissent vous
soutenir, ainsi que votre bébé.
-
Le stress de votre grossesse peut provoquer
un phéochromocytome (Voir la section suivante,
le VHL et les Glandes
Surrénales) Soyez certain d’être examinée
– et re-examinée – pour un pheo durant la grossesse,
afin d’éviter toute complication dans cette région.
Si vous envisagez d’être enceinte, ou si vous
l’êtes déjà, faites un bilan complet. Identifiez
toute tumeur que vous pourriez déjà avoir. Discutez avec
votre docteur de ce qui pourrait se passer si ces tumeurs se développaient
pendant votre grossesse. Comme il est préférable de ne
pas avoir recours à des tests utilisant des radiations pendant
la grossesse de peur de nuire au fœtus, il faut faire les tests
à l’avance et savoir quels sont les facteurs de risque.
Avec de la chance les tumeurs ne grossiront pas, mais si elles le font,
voici quelques données que vous devriez avoir :
- Quels symptômes rechercher ?
- Les conséquences auraient-elles un impact sérieux
sur votre propre santé ?
- Comment cela pourrait-il affecter le fœtus ?
Faites un test complet de phéochromocytome («
pheo »). Il est d’importance critique que vous fassiez ce
test avant d’envisager une grossesse, ou aussitôt que vous
êtes enceinte, et surtout avant l’accouchement.
Discutez aussi de ces facteurs de risques avec votre partenaire
avant de prendre une décision. C’est une décision
à prendre conjointement. Vous pourriez vouloir prendre ces risques,
mais votre partenaire veut-il vous les faire prendre ? En discuter avant
la grossesse est bien mieux que de se sentir coupable de s’être
lancée aveuglement dans une situation risquée.
Si vous êtes déjà enceinte, dites-le
à votre obstétricien et mettez-le en contact avec d’autres
membres de votre équipe médicale. Surveillez les symptômes
et parlez-en aussitôt à votre médecin. Des vomissements
et des maux de tête seront à surveiller davantage que chez
la plupart des femmes enceintes puisqu’ils peuvent aussi être
des signes de tumeurs au cerveau ou sur colonne vertébrale. Ne
les ignorez pas, et ne les négligez surtout pas s’ils sont
violents ou s’ils persistent. Un petit malaise matinal est normal
; le nombre de vomissement varie pendant une grossesse et vous devriez
toujours vérifier auprès de votre équipe médicale
s’il y a lieu de s’inquiéter. Ne vous affolez pas,
parlez-en aux médecins.
Environ deux ou trois mois après la naissance du
bébé, faites un nouveau bilan complet de votre santé
pour évaluer tout changement.
VHL dans les Glandes Surrénales
Les glandes surrénales mesurent approximativement
3 x 2 x 2 cm (un pouce de long) et sont situées au sommet de
chacun des deux reins. (Voir Figure 8.) Le VHL peut être associé
à une sorte de tumeur des glandes surrénales appelée phéochromocytome, («phéo»).
Ces tumeurs sont plus fréquentes dans certaines familles plutôt
que d’autres. Elles sont communes chez les familles qui ont un
problème d’adrénaline. Elles sont rarement malignes
chez les porteurs de VHL (3%). Diagnostiquées de façon
précoce, elles sont faciles à traiter, mais peuvent être
mortelles si elles ne sont pas traitées. Ces tumeurs peuvent
causer des dommages au système vasculaire et elles ont le potentiel
d’augmenter dangereusement la pression sanguine durant des périodes
de stress comme une chirurgie, un accident ou un accouchement.
| Figure 8. Rein, pancréas, et glandes
surrénales. Cette figure montre
la position relative de ces organes. Illustration par Gerhard Spirzer,
de Kahle et al, Atlas Couleur, 2:141. |
|
Les pheos produisent des ‘hormones de stress’
(noradrénaline et adrénaline) que votre corps utilise
pour gagner de la vitesse et de la force en cas d’urgence. Les
pheos secrètent des quantités excessives de ces hormones
de stress dans la circulation sanguine. Le premier symptôme est
une pression sanguine variable ou haute, particulièrement des
pointes de pression qui fatiguent le cœur et le système
vasculaire pouvant ainsi causer des attaques ou des crises cardiaques.
Les patients notent également des maux de tête, une transpiration
froide plus intense, des battements de cœur irréguliers
ou rapides, ou ce qui ressemble à un accès de panique,
de colère ou parfois de rage.
De nouvelles recherches indiquent que ces tumeurs surrénales
sont quatre fois plus courantes chez les porteurs de VHL qu’on
ne le pensait auparavant et que les analyses traditionnelles de sang
et d’urine sont inefficaces pour détecter la plupart des
pheos. Il est recommandé à tous les porteurs de VHL faire
le dépistage pour le pheo. Un premier test est habituellement
fait à partir d’analyses d’urine et de sang. S’il
faut davantage de renseignements ou s’il y a des symptômes
de pheo mais que les analyses d’urine et sanguine sont négatives,
on peut faire des tests d’imagerie ou de PET-scan. Il est particulièrement
important de faire un bilan de pheo avant tout acte chirurgical, une
grossesse ou un accouchement. Pour empêcher toute complication,
il est essentiel de stopper les effets des hormones de stress à
l’aide de médicaments, environ sept jours avant l’acte
prévu.
La précision des analyses de sang et d’urine
pour déceler l’activité pheo sera en grande partie
déterminée par votre coopération dans la préparation
du test et le respect scrupuleux des instructions. Même si vous
n’en recevez pas, vous devez éviter d’absorber un
certain nombre de produits chimiques dans votre sang y compris le chocolat,
les fruits, la nicotine et la caféine au moins 4 heures avant
le test. Assurez-vous d’aviser votre médecin et le technicien
si vous prenez des médicaments anti-dépressifs. Vous devriez
préparer une liste de tous vos médicaments et en discuter
avec le médecin avant l’examen. D’autres instructions
peuvent vous être fournies car elles peuvent différer d’un
centre à l’autre, quelquefois dû aux différentes
méthodes d’analyse. Veuillez suivre les instructions attentivement
afin d’éviter une fausse lecture. Voir Préparation
du Test Pheo à la section 5.
Si ces tests chimiques indiquent la présence d’un
pheo, mais ne peuvent facilement le localiser sur un CT ou une IRM,
un MIBG ou un PET-scan peuvent être recommandé. Ces tests
aident à localiser un pheo même s’il est en dehors
de la glande surrénale. Quand ils sont à l’extérieur,
ils sont parfois appelés paragangliomes.
Ils peuvent se produire n’importe ou dans le système nerveux
sympathetique, le long d’un trait tiré de votre aine jusqu’à
votre lobe d’oreille. Plusieurs examens peuvent être nécessaires
pour les découvrir.
Si vous avez besoin d’une chirurgie, le standard
aujourd’hui est une adrenalectomie
partielle. Des études ont démontré que le fait
de conserver même une petite partie du cortex de la glande surrénale
peut vous aider à fonctionner après la chirurgie. Même
s’il vous reste une autre glande en santé, il faut vous
rappeler qu’un autre pheo peut arriver dans le futur qui pourrait
mettre cette glande à risque. Votre but devrait donc être
de garder une portion de chaque glande fonctionnelle pour vous.
Ces dernières années, la technique opératoire
du ‘trou de serrure’ (laparoscopie)
est parfois utilisée. Une laparoscopie adrenalectomie partielle
est maintenant possible dans la plupart des cas. Cette technique présente
moins de risque d’infection et la guérison est beaucoup
plus rapide. Référez votre médecin spécifiquement
aux articles publiés par Walther
et al dans la Section 8, Références.
Le VHL et les Reins
Les reins sont des organes d’environ 12 cm (4 pouces)
de long dans la cavité abdominale, soit environ la grosseur de
votre poing. (Voir Figure 8) Le VHL peut causer
des kystes ou des tumeurs aux reins. Les adultes dans la population
générale peuvent avoir un kyste rénal à
l’occasion. Les kystes VHL sont souvent multiples, mais la présence
d’un ou plusieurs kystes ne représente pas un problème
en soit. Il est également possible que des tumeurs, appelées carcinomes à cellules rénales (CCR), se développent dans le rein, un type de cancer appelé autrefois hypernéphrome.
Il n’y a généralement aucun signe
physique pour aider à détecter des problèmes de
façon précoce. Il est important de commencer à
surveiller les reins bien avant qu’aucun symptôme physique
ou signe n’apparaisse. Les reins continuent de fonctionner pendant
que ces changements structurels se produisent, sans symptômes
physiques et avec des tests d’urine normaux.
Il faut y penser comme à un gain de beauté
sur la peau, sauf que vous ne pouvez pas le voir grossir. Lorsqu’il
est très petit il n’y a pas de raison de s’alarmer.
Quand il commence à grossir ou à changer de manière
bizarre vote médecin vous recommandera de le faire enlever.
De même lorsqu’une tumeur rénale est
grosse quand on la découvre, ou qu’elle change de forme
ou que sa taille ou son taux de croissance entraîne le doute,
votre équipe médicale peut recommander l’opération.
Toutes les tumeurs rénales n’exigent pas l’ablation immédiate. Selon les caractéristiques telles que densité,
taille, forme et implantation, l’équipe recommandera soit
un délai pour refaire les tests d’imagerie ou la résection
chirurgicale (ablation de la tumeur). Quand elles apparaissent, les
tumeurs rénales VHL sont comme les carcinomes à cellules
rénales dans la population générale. La plus grande
différence est qu’avec le VHL, nous avons l’opportunité
de les découvrir plus tôt que la plupart des gens qui ont
le carcinomes sporadiques du rein (cancer du rein). Ceci nous donne
l’opportunité de leur faire face plus tôt, gardant
le rein fonctionnel pour vous en évitant les pires conséquences
du cancer. Sachant qu’un porteur de VHL a un risque de CCR, les
tumeurs peuvent être trouvées à des stades beaucoup
plus précoces. Si vous attendez les symptômes, la tumeur
sera généralement à un stade beaucoup plus avancé
et plus dangereux quand elle sera découverte.
Les opinions varient quant au bon moment pour opérer,
mais on s’accorde largement sur une approche générale.
Dans le cas de VHL, une personne ayant des tumeurs rénales aura
une série de tumeurs sur les deux reins au cours de plusieurs
décennies. A l’évidence on ne peut pas enlever chaque
petite tumeur, car cela ferait trop de chirurgie à supporter
pour cette personne, et surtout pour ce petit organe. Le but est de
maintenir le bon fonctionnement du rein du patient pendant toute sa
vie, de réduire le nombre d’opérations tout en enlevant
les tumeurs avant qu’elles ne se métastasent et causent le développement de cancer dans d’autres organes.
La difficulté est de choisir le bon moment pour opérer
– pas trop tôt et pas trop tard
L’objectif est de suivre la progression des cellules
du stade bénin jusqu’au prochain point critique, avant
qu’elles ne soient capables d’essaimer. Si vous pensez à
un pissenlit, il commence en bourgeon, devient une fleur jaune plutôt
jolie, blanchit et un jour les graines blanches sont emportées
par le vent pour ensemencer la clairière. Si vous cueillez les
fleurs jaunes, les graines ne sont pas mures et ne peuvent s’éparpiller.
Les cellules doivent mûrir jusqu’au stade ou elles savent
comment ensemencer la clairière.
C’est ce point que nous essayons de trouver. Les
chercheurs en cancérologie ont identifié une série
de stades distincts par lesquels les cellules passent avant d’être
capables de métastaser.
Ce serait bien s’il existait une quelconque analyse
sanguine ou d’urine -- quelque biomarqueur
-- pour vérifier la progression des cellules, mais cela n’existe
pas actuellement. Ce que la recherche clinique a démontré,
en revanche, est que la taille des tumeurs solides est un signe relativement
primitif mais assez précis du progrès.
On n’a pas besoin de biopsie en ce cas, puisque
avec un diagnostic de VHL on est presque sûr du contenu de la
structure. Il y aura des cellules cancéreuses même dans
de très petites tumeurs. La question est : quel est leur niveau
de progression?
Les kystes ne sont pas considérés en général
comme des causes suffisantes d’opération. Il y aura une
petite graine de tumeur dans la paroi du kyste, et il est important
de surveiller la taille de la tumeur, non pas du kyste lui-même.
La recommandation de la réunion de Fribourg (Allemagne)
en 1994 était de penser à la chirurgie seulement quand
la plus grosse tumeur mesurait plus de 3 cm. Cette recommandation a
été vérifiée par une étude faire
dans plusieurs centres sous la direction du Dr Andrew Novick (Steinbach,
1995) et toutes les équipes d’étude du VHL dans
le monde sont d’accord avec cette directive. Jusqu’à
maintenant, il y a seulement 3 cas vérifiés de tumeurs
métastasées de moins de 4cm, donc toutes plus grosses
que 3cm.
En surveillant vos reins, votre équipe médicale
travaille à déterminer si vous avez des kystes ou des
tumeurs. Il vous faudra subir des tests comme échographie,
tomographie par ordinateur (TO),
ou image à résonance magnétique
(IRM). Les médecins étudieront la densité du
tissu, l’emplacement des tumeurs, leur taille et leur taux de
croissance. Chacune des méthodes de diagnostic leur donne une
différente sorte d’information. Selon l’emplacement
des tumeurs et votre propre passé médical, l’équipe
recommandera les méthodes qui fourniront les meilleures informations
sans risque pour vous.
Il est important que vous compreniez avec autant de détails
que vous le souhaitez, les résultats qui préoccupent votre
équipe médicale, et que vous participiez avec eux à
décider du traitement et du meilleur moment pour l’appliquer.
Ne craignez pas de demander un autre avis. La distinction entre kyste
et tumeur peut être discutable suivant la clarté de l’image
et l’expérience du radiologue
qui analyse ces tumeurs VHL. Notre expérience a démontré
qu’il peut exister une divergence d’opinion entre plusieurs
experts. C’est un sujet où l’opinion d’un ou
de plusieurs médecins avec une forte expérience du VHL
peut faire une énorme différence. On peut aisément
envoyer des films ou des disques compacts (CD rom, DVD rom) à
un médecin consultant très éloigné, même
dans un autre pays. Veuillez contacter l’Alliance Familiale VHL
pour de l'assistance à trouver un expert qui pourrait vous aider.
Les décisions déterminant le moment de l’opération
et l’ampleur de la procédure doivent être étudiées
par l’ensemble de l’équipe, y compris et surtout
avec le patient, en lui dévoilant toutes les informations. Tous
les points de vue allant de l’emplacement de la tumeur, le niveau
de santé et de résistance du patient, et même le
désir possible du patient d’être débarrassé
de la tumeur jouent un rôle majeur dans la décision.
Dans les cas où il faut enlever le rein restant,
les patients se sont révélés de bons candidats
à la transplantation rénale. (Voir Goldfarb, 1997.) Les
tumeurs VHL proviennent d’anomalies dans les cellules du rein
lui-même. Puisque le nouveau rein possède la structure
génétique du donneur et les deux copies saines du gène
VHL, il n’y a pas de risque de tumeurs VHL.
VHL dans le Pancreas
Le pancréas est un organe qui s’étend
de la gauche à la droite dans la partie supérieure de
l’abdomen, dans le dos, directement derrière et contre
l’estomac et l’intestin grêle. (Voir Figure
8) Il consiste en deux lobes glandulaires : un lobe produit des
sécrétions essentielles pour la digestion, lesquels s’écoulent
par le grand canal pancréatique en même temps que la bile
produite par le foie dans la partie
supérieure du tractus digestif. L’autre lobe est formé
par les cellules en îlots, où se forme l’insuline,
qui règle le niveau de sucre dans le sang.
Les lésions pancréatiques sont considérées
généralement comme les moins symptomatiques des lésions causées par la maladie du VHL. Des familles
signalent un certain nombre de symptômes subtils qui peuvent cependant
être causés par des kystes du pancréas.
On trouve communément trois types de lésions
du pancréas :
• des kystes
• des adénomes micro kystiques
séreux, ou “cystadenomes”
• des tumeurs des îlots, ou tumeurs
pancréatiques neuroendocrine (TPNE)
On trouve des kystes du pancréas chez un grand
nombre de gens porteurs du VHL, avec de grandes variations suivant les
familles. La fréquence des kystes du pancréas varie de
0% dans deux grandes familles à 93% dans d’autres. De nombreux
kystes, même très gros, peuvent être présents
sans causer de symptômes, et il n’y a pas besoin de traitement.
Dans certains cas, des kystes qui ont grandi peuvent exercer une pression
sur l’estomac et causer une gêne. Le drainage d’un
gros kyste par opération peut soulager les symptômes.
Il y a aussi des tumeurs du pancréas. Les plus
communes sont des adénomes micro
kystiques séreux, des tumeurs bénignes. En général
on n’a pas besoin de les enlever à moins qu’elles
ne bloquent l’écoulement normal des liquides et des enzymes.
Votre équipe médicale peut demander des
tests supplémentaires pour déceler un mauvais fonctionnement
hormonal. Selon l’emplacement, le type et la taille, les kystes
et tumeurs VHL du pancréas peuvent causer des problèmes
fonctionnels aussi bien que structurels. Les kystes et les tumeurs peuvent
bloquer un ou plusieurs des conduits qui transportent les fluides d’un
organe à l’autre. L’interruption de la livraison
de l’insuline peut causer des problèmes digestifs ou le
diabète. L’insuline et les enzymes digestifs sont nécessaires
pour demeurer en santé. Un endocrinologue peut vous aider ainsi que votre équipe médicale à
évaluer et gérer les tumeurs VHL du pancréas.
Dans de rares cas, le pancréas encombré
par un tel nombre de petits kystes ne fonctionne plus, ce qui a pour
résultat de créer des selles et des diarrhées grasses.
On peut soulager ces symptômes par un substitut d’enzyme
pancréatique. Dans certains cas rares, il s’ensuit un diabète
insulinodépendant. Si des lésions obstruent les canaux
biliaires, on peut avoir une jaunisse, douleur, inflammation ou infection.
Une jaunisse colore en jaune la peau et l’urine, et les selles
deviennent pâles. La douleur est le signal du corps qui attire
votre attention sur le fait que quelque chose ne va pas et qu’il
y a un besoin de soins. Demandez immédiatement un avis médical,
parce qu’une pancréatite est un état sérieux qui exige des soins médicaux.
Le problème pancréatique le plus inquiétant
est la tumeur solide, pas les kystes, dans le lobe d’îlots
du pancréas, qui pourrait être une Tumeur
Pancréatique Neuroendocrine (TPNE). Elles peuvent provoquer
un blocage du conduit biliaire, et même se métastaser et
s’étendre au foie ou aux os. L’emplacement de la
tumeur est important pour décider du meilleur moment pour opérer.
Une petite tumeur qui grossit rapidement à proximités
d’une importante structure, près de la tête du pancréas,
peut nécessiter une chirurgie rapide; alors qu’une grosse
tumeur dans la queue du pancréas peut demeurer sous observation.
Le type de chirurgie peut aussi varier selon l’emplacement. Il
peut être possible d’enlever seulement les petites tumeurs,
ou une partie du pancréas. Il serait souhaitable de pouvoir compter
sur un chirurgien ayant une expertise dans les TPNE pour vous aider
à prendre la meilleure décision.
La recommandation générale est de retirer
les tumeurs neuroendocrine supérieures à 3cm dans le corps
ou la queue du pancréas ou supérieure à 2 cm dans
la tête du pancréas. Il est souvent possible d’utiliser
la laparoscopie pour enlever ces tumeurs.
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Figure 9 : Les pissenlits montrent que les cellules doivent mûrir jusqu’à
un certain point avant qu'elles sachent comment envoyer les graines
qui vont disséminer plus de tumeurs dans d'autres régions.
Nous n'avons pas besoin de tous les arracher quand ce ne sont des
pousses, mais il est important de les cueillir quand ils sont jaunes.
Pour contrôler le VHL, vous et votre équipe médicale
devez déterminer le moment propice pour agir permettant de
maintenir les organes en santé et ainsi éviter que
les tumeurs se métastasent. |
le texte continue